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[personal profile] jainas
Que s'y taise le monde
Fandom : Star Trek Reboot
Persos : Spock/Jim Kirk, l'équipage de l'Entreprise
nb de mots : 9334
rating : M
genre : romance, étude de personnage
prompt bingo : fétichisme des mains

note : Ce one-shot est ma réponse à la case “fétichisme des mains” de ma carte bingo-fr, sur laquelle je suis toujours aussi loin de compléter une ligne étant donné que je n’écris que les prompts qui m’inspirent. Du Star Trek s’imposait manifestement pour celui-là.
Il a été très largement écrit avant la sortie de Star Trek : Into Drakness, mais dans la mesure où le film ne le contredisait pas, j’en ai intégré quelques détails de-çi de-là. Pas de spoilers majeurs.

notes supplémentaires (potentiellement spoiler sur le texte : à lire plutôt à la fin) :
- Le poème vulcain faussement attribué à Surak est librement adapté du magnifique Les Mains d’Elsa, de Louis Aragon, qui a pour l’occasion été amputé d’un certain nombre de strophes et très légèrement modifié puisque “âme” y a été remplacé par “katra”.

- D’après le Vulcan Language Dictionary, t'hy'la peut signifier ami/ami à vie, ami/amant/compagnon de toute une vie, frère/soeur de sang, âme soeur. T'hylara en est le pluriel.

- Zackary Quinto est effectivement gaucher.

- L’interprétation de la sexualité vulcaine est la mienne.
Si les vulcains ont a priori une sexualité basée sur les cycles des mâles plutôt que sur ceux des femelles et qui ne leur permet de procréer que tout les sept ans sous menace de mort, on peut supposer qu’ils sont incapables d’avoir des rapports sexuels le reste du temps (c’est une interprétation comme une autre, et celle que j’ai choisi pour cette histoire). Si en prime ils ont une attirance automatique vers l’individu avec lequel ils ont un lien psychique artificiellement préétabli lors des mariages arrangés - toujours des femmes donc) l’homosexualité masculine est sans doute quasi inexistante, ou du moins une aberration au sens statistique du terme (et dans ce cas tellement peu discutée et tellement taboue que Spock en ignore jusqu’à la possibilité, ce qui revient au même). C’est la théorie de laquelle je suis partie pour cette fic.

- « On transforme sa main en la mettant dans une autre. » - Paul Eluard

AO3



James Kirk est droitier.
C’est une de ces nombreuses informations factuelles que Spock connaît à propos de son Capitaine, sans pour autant les avoir enregistrées consciemment : ses yeux sont bleus, il prend son café sans sucre, il est droitier. Spock le sait, voilà tout.
S’il y réfléchit, il a dû le remarquer pour la première fois lorsqu’ils se sont battus sur la passerelle de l’Entreprise, le jour de la destruction de Vulcain. Certainement alors, il l’a pris en compte pour ajuster ses coups, balayer les feintes et les parades de l’humain... Il n’en garde aucun souvenir.
Quelle chose étrange, alors, que son attention revienne encore et encore sur ce détail insignifiant, si longtemps après Vulcain, presque trois ans et demi après qu’ils aient pris leurs postes à bord de l’Entreprise. La mission initiale a été amendée suites aux bouleversements géopolitiques qu’à entraîné la destruction de la planète-mère d’une des races fondatrices de la Fédération et la perte d’un nombre important de vaisseaux de la Flotte : la première année a été consacrée à roder l’équipage, et les missions de l’Entreprise ont souvent plus tenu de la démonstration de force ou de la diplomatie que de l’exploration qui était sa fonction originelle. Et malgré le désastre de Nibiru qui lui a brièvement coûté son poste, le drame qui s’en est suivi, le jeune Capitaine a finalement su faire ses preuves, les tensions autour de la Fédération se sont stabilisées, les considérables dégâts soufferts par l’Entreprise ont été réparés... Et ils ont pu finalement s’engager dans le type de missions dont la perspective est ce qui a poussé Spock à rejoindre Starfleet : exploration, découverte et questionnements ; premiers contacts.
Et ils se côtoient jour après jour, travaillent ensemble. Après un début difficile, ils ont finalement atteint leur pleine efficacité en tant qu’équipe de commandement. Kirk a su tempérer d’expérience son impétuosité et son arrogance initiales ; Spock a développé un peu de cette souplesse qui fait la capacité d’adaptation des humains et vient si difficilement aux siens. Leurs forces et leurs faiblesses se complètent la plupart du temps et il sait à présent bien plus de choses sur l’homme qu’est James Kirk qu’il ne l’aurait jamais voulu, qu’il ne l’aurait jamais cru possible… Sa loyauté envers son équipage et sa passion pour son poste, son illogisme vexant qui se révèle - parfois - être de l’intuition, son manque avéré de patience ainsi que sa capacité à surmonter ce dernier quand sa stratégie le demande, sa manière de gérer les équipes, sa capacité remarquable à tisser des liens sociaux à tous les niveaux de la hiérarchie, son aversion pour la paperasse, ou l’équilibre contre-intuitif de son amitié avec Leonard McCoy, son intelligence aiguë et sa capacité à la férocité... Il sait tout cela et bien d’autres choses ; et pourtant c’est encore et toujours sur les mains de son Capitaine qu’il se surprend à retourner.

Il ne s’en rend pas compte immédiatement : son poste implique qu’il passe beaucoup de temps en compagnie de l’humain et que lorsqu’ils sont ensemble, il est tout naturel d’avoir toujours un oeil sur lui et ses mouvements. Kirk est son officier supérieur, après tout.
Qu’il suive le ballet de ses mains lorsqu’ils jouent aux échecs et que Jim hésite démonstrativement entre un pion ou l’autre est tout à fait rationnel. Qu’il remarque la danse machinale de ses doigts contre sa cuisse quand le Capitaine réfléchit à toute vitesse est simple preuve que son sens de l’observation est opérationnel et son attention aux détails aiguisée. Il n’y a là rien d’anormal, rien qui mérite qu’on s’y attarde.
Ce n’est qu’un jour où ils sont à l’infirmerie, au chevet d’un membre de l’équipe de sécurité qui a été légèrement blessé lors d’une mission à terre, que Spock prend conscience du fait qu’à cet instant précis, la majorité de son attention n’est ni à décortiquer le discours du Docteur McCoy, ni à planifier les réassignassions au sein du service le temps de le Lieutenant Taura reprenne son poste… Pas plus qu’elle n’est à anticiper les tâches supplémentaires qui l’attendent suite à l’incident voir même à rédiger mentalement le rapport de la mission et à analyser les variables en jeu, afin de déterminer si des mesures peuvent êtres prises en amont pour éviter que ce genre de désagrément ne se reproduise. Non : la majorité de son attention - pas moins de 32,7% - est dédiée au trajet des mains du Capitaine alors qu’il manipule nerveusement un hypospray, le fait passer distraitement d’une main à l’autre, plie et déplie ses doigts autour du tube de permaverre gradué.
Sa distraction ne dure pas longtemps : dès qu’il l’identifie, il se reprend, la compartimente fermement et se concentre de nouveau sans mal sur le travail en cours... Mais elle était là et à présent qu’il a pris conscience de son existence, il apparaît rapidement à Spock qu’il ne s’agissait pas d’un incident isolé : sans même avoir à y réfléchir attentivement il peut à présent identifier sept occurrences distinctes ne serait-ce que la semaine précédente... et il y en a très certainement d’autres.
Mais il est Vulcain, et son contrôle mental est suffisant pour outrepasser cette surprenante focalisation. Il s’est montré trop complaisant sans doute, a laissé la tendance à la rêvasserie des humains l’influencer. Ce n’est rien qu’un peu de rigueur ne puisse régler : qu’il soit damné s’il laisse un sujet aussi futile compromettre son comportement professionnel et interférer avec l'accomplissement de son devoir en tant que Second.
Et effectivement, avec un peu de discipline et de volonté, il parvient à ignorer l’élément perturbateur pendant ses heures de quart. Il remarque malgré tout les mains du Capitaine, mais il prend grand soin de ne pas s’attarder dessus ; écrase avec sévérité toute tentation complaisante de jeter un coup d’oeil à la dérobée en direction de Kirk, même lorsque la passerelle est calme et qu’il n’a plus rien à faire. Son professionnalisme est impeccable et son efficacité n’a jamais été plus haute, ni ses formulaires, rapports, archives et autres avatars administratifs plus à jour...
Il y a inévitablement un revers à la médaille.

Même si ce dernier n’en dit rien, il sait que le Capitaine Kirk a remarqué son regain de rigueur et s’en inquiète. Et cela n’aurait pas tant d’importance, si l’inquiétude en question ne se réverbérait pas sur leurs rapports privés. Autant Spock parvient à avoir un comportement impeccable dans le cadre professionnel, autant ignorer Jim est beaucoup plus difficile lorsqu’ils ne sont pas de service, que ce n’est que d’eux deux et que la distance professionnelle déjà toute relative du Capitaine fait place à un comportement plus relaxé, plus tactile, qui rend d’autant plus ardue la voie de l’abnégation obstinée choisie par Spock.
Il entretient pendant une poignée de jours l’idée de régler la situation en passant simplement moins de temps avec l’humain, de trancher le noeud Gordien en coupant la tentation à la source ; mais après un examen attentif, il finit par rejeter cette option.
Éviter un problème n’est pas une approche constructive dans l’absolu et dans ce cas particulier, elle est d’autant moins optimale que les inconvénients en dépassent largement les avantages : supprimer la tentation d’observer les mains de Jim est une chose, mais Spock en est venu à sincèrement apprécier la compagnie de l’autre homme, l’amitié grandissante qui les lie. Il n’est pas prêt à la sacrifier parce qu’il a développé une fascination inexpliquée mais néanmoins parfaitement inoffensive pour la manière dont les muscles extenseurs et les connections inter-ligamentaires jouent sous la peau des mains du jeune homme.
Il se trouve toutefois démuni face au pourquoi de cet intérêt et il est rationnel de considérer que pour pouvoir décider de la conduite à adopter en réponse, il lui faut d’abord en comprendre les origines. Ses rituels de méditation vulcains et sa réaction première de Discipline lui ayant fait défaut, il se tourne très logiquement vers l’étape suivante : la recherche.



Les humains ont fait couler beaucoup d’encre sur le sujet des pouces opposables qui différencient leur espèce de celles des grands primates terriens et si Spock ne trouve aucune piste de réponse dans l’abondante littérature scientifique sur le sujet, il se replonge néanmoins sans déplaisir dans les textes de biologie et d'anatomie qu’il n’avait plus étudiés depuis son enfance.
La philosophie et les sciences sociales ont sans surprise beaucoup plus d’eau à apporter à son moulin, mais la quantité d’informations et d’interprétations parfois contradictoires rend difficile la séparation du bon grain de l’ivraie : c’est un rappel sans équivoque des raisons qui lui font préférer les sciences dures aux molles…
Nyota saurait sans doute l’aider à s’y retrouver : ils sont resté en très bons termes malgré leur rupture d’un commun accord quelques mois après le début de la mission au long cours... Mais il se surprend à vouloir pour l’instant garder pour lui ses recherches, une étrange forme de réserve qui n’a rien à voir avec l'embarras dont les humains font parfois preuve dans leurs rapports interpersonnels. C’est un sentiment qui est en vérité plus proche d’une sorte de retenue possessive, contraire à toute rationalité vulcaine. C’est quelque chose qui lui appartient, une part de lui-même dont il ignorait l’existence et qu’il est curieux de déchiffrer. Gnothi seauton, comme diraient les anciens philosophes terriens.
Plus tard, décide-t-il. Il demandera son aide à Nyota s’il se retrouve bloqué, à court d’angles à étudier, qu’il n’arrive à rien seul.
Malgré l’imprécision inhérente aux disciplines et l'impossibilité d’utiliser la méthode scientifique pour déduire quoi que ce soit de son cas, ses recherches lui offrent malgré tout des pistes de réflexion plus solides que d’autres : dans beaucoup de cultures terriennes, les mains sont symboles de pouvoir, ramènent à l’idée de possession, de maîtrise dans tous les sens du terme. Dans beaucoup d’autres aussi est souligné la différence entre dextre et sénestre, pureté et souillure, main de Dieu main du Diable... La dualité incarnée, mais aussi la cohabitation plus ou moins heureuse de deux opposés.
Le rapport avec le pouvoir pourrait être une approche pertinente, si les mains des Amiraux Nguyen ou Komack ne lui inspiraient la plus grande indifférence. L’aspect force physique n’est pas non plus concluant... Jim a certes une poigne vigoureuse et la force dans ses mains a notamment sauvé Spock d’une chute vertigineuse sur Tau Ceta III quelques mois auparavant ; mais il n’a rien non plus d’exceptionnel en la matière pour un être humain. Le lieutenant Gioto l’a retenu à la force du poignet et empêché de passer sous un planobus lors de la mission catastrophique sur la station Byzantia : Spock ne se surprend pas pour autant à quantifier les différentes nuances de chair entre sa peau et l’ovale de ses ongles.
Tout jugement subjectif et superstitieux mis à part, la piste de la dualité semblerait tout aussi prometteuse si elle n’était pas si superficielle. Spock est gaucher, Jim est droitier, ils s’opposent sur bien des points... mais ces caractéristiques seules n’ont rien de déterminant. Des milliards d’humains sont droitiers et très différents de lui. Quand bien même la latéralité cérébrale et la dominance d’une main sur l’autre qui en découle auraient-elles un intérêt particulier pour Spock - ce qui n’est pas le cas -, cela n’en justifie pas pour autant le fait que sa fixation soit sur Jim.Il pourrait certes trouver des réponses à la question “pourquoi lui ?”, il n’a après tout jamais rencontré d’humain qui le vexe tout à fait autant, avec lequel il ait un tel sentiment de chiralité malgré toutes leurs différences plus évidentes les unes que les autres... mais là encore le lien avec les mains est loin d’être évident, c’est ce que le Docteur McCoy appellerait avec dédain de la “psychologie de comptoir”, rien qui l’explique de manière satisfaisante l’intensité de l’attention qu’il leur porte.
Il ressent plus amèrement encore la mort de sa mère qu’à l’accoutumé. Si cette obsession étrange trouve ses racines dans son héritage humain, peut-être aurait-elle su l’éclairer, le conseiller... Mais de tels regrets sont stériles et vains.
Spock les écrase sans merci et poursuit ses recherches, avec la même intensité méthodique qu’il applique à n’importe lequel de ses projets.


Examiner l’aspect vulcain de l’équation est à la fois beaucoup plus simple, et bien plus inconfortable. Si certaines symboliques se superposent, les mains ont pour son peuple tout un champ de significations supplémentaires, liées à leur télépathie tactile. Le visage a les meilleurs points d’émission et de réception, mais les mains viennent juste après en terme de sensibilité psychique, ce qui en fait l’objet d’un intérêt littéraire et symbolique particulier.
Spock est beaucoup plus familier avec cet aspect de son héritage, mais cela n’en rend pas l’examen beaucoup plus aisé, car ses implications ne peuvent lui échapper.
Pour les vulcains, les mains plus que les yeux sont le chemin de l’âme, du katra...
Entre vulcains, s’effleurer les mains du bout des doigts en public est un signe de profonde affection, d’une proximité rarement atteinte avec un autre individu. Même Surak a écrit sur le sujet, trois simples strophes presque oubliées, qui pourtant expriment mieux que tout autre texte que Spock ait trouvé le danger de sa situation, le piège dans lequel il commence à soupçonner s’être enferré sans même s’en rendre compte...


Donne-moi tes mains pour l'inquiétude, a écrit Surak pour T’Shara, qui était sa t’hy’la, mais aussi sa femme, qui l’a accompagné tout au long de son éveil, de la fondation de sa pensée et de la création de la philosophie de l’IDIC, l’Infinie Diversité dans ses Infinies Combinaisons ; qui a été sa première disciple et son plus fort soutient.
Donne-moi tes mains dont j'ai tant rêvé
Dont j'ai tant rêvé dans ma solitude
Donne-moi tes mains que je sois sauvé

Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent
D'une proie entre eux un instant tenue
Sauras-tu jamais ce que leur silence
Un éclair aura connu d'inconnu
Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme
S'y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon katra y dorme éternellement.


Malgré ce que peuvent penser les humains, la logique dont se targuent les vulcains n’interdit pas des liens de respect et d’admiration mutuels très forts. Chaque individu doit tendre vers la plus haute rationalité et dans le cheminement vers cet idéal, l’émulation d’un pair, la compréhension mutuelle mais aussi les interrogations et les remises en question apportées par un esprit en lequel on a une confiance totale sont un bien précieux, un présent rare, à honorer et entretenir. C’est ce que représente le mot t’hy’la, qui n’a pas de traduction acceptable en anglais. Un rapport qui est plus que l’amitié dont se professent si facilement les humains, une fraternité de choix et d’esprit. Être t’hy’la c’est sortir grandit de l’altérité mutuelle.


L’idée qu’un être humain puisse être à la hauteur de ce type de lien serait difficile à accepter pour un vulcain, malgré les impératifs de l’IDIC, songe Spock. Que savent les humains de la maîtrise de soi et de la discipline constante, d’une vie dédiée à la logique et tirée au cordeau de la rationalité? Que savent-ils de la maîtrise des sentiments et des tensions qui déchirent ceux de sa race ?
Mais il est un hybride, il sait depuis longtemps qu’il n’est pas toujours un bon vulcain, qu’il peut connaître peur, joie et rage, espoirs comme désespoirs ravageurs. Que Jim notamment provoque parfois en lui une intensité de ressenti débilitante, qu’il ne sait maîtriser - même à présent, presque un an et demi après, il lui est infiniment douloureux de penser à la salle des machines, à la douleur sur le visage de Jim, à la vitre blindée entre eux...
Il a fini par faire sa paix avec cela, et à présent qu’il examine l’idée, il peut reconnaître sans honte l’égard qu’il a pour James Tiberius Kirk et la nature du lien qui les lie l’un à l’autre ; plus profond que la simple amitié, indépendant de leurs rangs respectifs et en même temps lié de manière indissociable aux exigences de ces derniers... Le fait que sans même s’en rendre compte, sa manière de considérer le jeune Capitaine a au fil des ans évolué au fur et à mesure qu’ils devenaient plus proches, que leur confiance mutuelle s’approfondissait ; le fait que selon toutes les définitions possibles, Jim est son t’hy’la.

Mais même sans avoir les arguments pour l'étayer, il a la certitude que ce n’est pas l’unique explication à son problème, à son obsession. Il ne peut nier que les mots du poème éveillent quelque chose en lui, l’idée parfois effleurée d’une fusion mentale avec Jim, une curiosité bien peu scientifique sur la forme que prendrait le flux de ses pensées, son esprit si remarquable... Mais cela en soit n’a rien à voir avec les mains du Capitaine : le contact physique avec une espèce psy-nulle est normalement sûr, sans aucune transmission psychique particulière. Spock a déjà touché bien d’autres humains peau à peau sans aucun inconvénient : Nyota, bien entendu, mais aussi le Capitaine Pike pour de rares poignées de main, Bones parfois... Et Kirk, à de nombreuses reprises, bien qu’il ait fait de son mieux pour limiter de tels contacts depuis qu’il a pris conscience de son obsession...
Non, la vérité c’est que le poème évoque surtout une possibilité qu’il se refusait jusque-là d’envisager : cesser de simplement regarder, pour aller plus loin. La possibilité de toucher, de tenir les mains de Jim dans les siennes... Et cela n’a rien à voir avec le fait qu’ils soient t’hy’lara ou non, c’est autre chose encore, qu’il n’arrive ni à définir ni à comprendre.
Bien loin d’être résolu, son problème n’en est que plus aigu, plus pressant que jamais. L’épiphanie silencieuse de l’égard qu’il a pour Jim est un feu lent et satisfaisant quelque part au creux de son torse, mais elle amène aussi une frustration dont il n’arrive à se purger, une anxiété bien peu vulcaine, sans focalisation fixe, qui rampe sous sa peau et que toute la méditation du monde ne parvient ni à décortiquer ni à apaiser...


Seconde partie

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