jainas: (nightwing)
[personal profile] jainas
Le chapitre 7 d'Oleum et Operam est en correction, et en attendant je me suis remis à Parle-moi, qui ne voulait pas se contenter d'une courte réponse à un prompt et insiste pour s'étendre (je poste petit à petit, donc une alerte sur le Kink Meme est la meilleure manière de ne pas manquer les mises à jour.)
J'avais presque écrit 1000 mots de la la troisième partie quand je me suis rendu compte qu'ils étaient pas partis sur la bonne discussion, que c'était trop dur, trop vite, et que ça cassait complètement l'ambiance des post précédents, du coup je suis en train de retravailler tout ça.

Voici la partie coupée, si vous êtres curieux (c'est la partie 3 de la réponse au prompt, mieux vaut donc avoir lu le reste avant).
Il y a des choses dedans qui vont se retrouver dans la partie 3 réécrite, ou peut-être dans Oleum et Operam, parce que c'est un point malgré tout important, mais il n'allait pas à cet endroit-là, et l'aborder soulevait toute une tripotée d'autres contentieux comme l'autoritarisme surprotecteur de Bruce et emmenait la fic dans une toute autre direction. (Je crois que je suis partie dessus parce que j'avais encore dans la tête ma discussion avec [personal profile] shakeskp sur le fait que tous les torts ne sont pas du côté de Bruce et que Dick a une méchante tendance à tout laisser tomber et à se carapater quand il a du mal à gérer.)


Le micro-onde choisit ce moment pour bipper avec insistance et ils échangent un regard amusé. Dick penche la tête et Bruce va récupérer les assiettes, les pose sur le comptoir à côté de Dick - qui est fort illégalement installé sur le plan de travail, si Alfred le surprenait comme ça il n’aurait pas fini d’en entendre parler.
“C’est difficile”, confie Bruce. “Parfois j’ai l’impression que rien de ce que je dis n’est suffisant, ou peut-être que je ne dis pas les bonnes choses. C’est aisé de parler avec des étrangers, de mentir, leur raconter ce qu’ils veulent entendre, tout ce qui valide leur impression préconçue sur Bruce Wayne... C’est facile parce qu’ils ne comptent pas, qu’il ne savent pas... Mais pour les autre, - pour toi...” Il hausse les épaules. “J’ai fait tellement d’erreurs que le terrain est miné, c’est plus sûr d’éviter simplement les sujets à risque, de ne pas en parler.
- De ne rien dire.
- Exactement.”
Dick hésite un instant, le suit des yeux pendant qu’il s’affaire dans la cuisine, peut-être pour masquer son inconfort, récupère des couverts, des verres...
C’est une ouverture. Même s’il ne pousse pas, la conversation sera ce qu’elle a été la première nuit, confortable ; réconfortante. Mais s’il pousse, s’il prend le risque... Bruce a raison, le terrain est miné et leur explosions n’ont jamais été inoffensive. Ils ne savent faire que dans le dévastateur, le mordant jusqu’à la moelle, dont on ne guérit pas toujours.
Mais c’est un risque qui vaut la peine d’être pris.
“Dis-moi à quoi tu penses,” demande-t-il.
Bruce repose ce qu’il tenait à la main, s’immobilise face à Dick, au milieu de la cuisine, cherche son regard avec une pointe de défit.
“Si tu insistes. Je me demande si tu prendras la fuite, si la conversation se passe mal.”
Outch. C’est un choix de première mine radical. On ne peut pas enlever ça à Bruce : c’est un excellent stratège. Le choix d’ouverture est d’autant plus rude - et efficace - que c’est parfaitement honnête.
“ J’imagine que je l’ai bien cherché”, grimace Dick. Ses antécédents en matière de fuite lorsqu’il ne peut pas gérer la situation ne sont pas vraiment à son honneur. Mais même si la question est un test - ou peut être même une tentative de sabotage de la conversation, ce qui n’est pas totalement impossible - c’est lui qui les a entraîné dans le champ et il doit au moins à Bruce une réponse franche. “Je ne sais pas. C’est... Des fois j’ai juste besoin de partir, de prendre le large quand les choses devienne trop...“
Il remonte les jambes pour les croiser, attrape son assiette pour s’occuper les mains, sans même en regarder le contenu. Il est reconnaissant à Bruce qui a adapté son langage corporel, la tête inclinée en position d’écoute, une détente délibérée dans les épaules pour réduire la pression et la tension dans la pièce. Il se force à l’imiter.
“Que ferais-tu si c’était le cas ? Si je pétais un câble et que je mettais les voiles ?”
La machoire de Bruce se contracte.
“La même chose que les fois précédentes, j’imagine.
- Tu veux dire te morfondre dans la cave et m’espionner de loin grâce aux myriades de caméras disséminé partout dans mon appart, sur mon lieu de travail et éventuellement chez mes amis ?
- Ce n’est pas-... C’est une question de-
- sécurité, je sais.” Dick expire doucement, se force à laisser filer l’irritation instinctive qui monte dès que le sujet reviens sur la table. “Mais pas seulement, n’est-ce pas ?”
Bruce ne répond pas, mais croise les bras, légèrement sur la défensive.
“J’ai beaucoup râlé sur les caméras, mais je crois que je ne te l’ai jamais dit en face, alors voilà : je suis un adulte et j’ai le droit de faire mes propres choix, même si tu es persuadé qu’ils sont mauvais - laisse-moi finir, Bruce, c’est important. Je sais que tu t’inquiètes, et que le pistage compulsif est ta manière de gérer, mais je ne peux pas promettre de ne pas m’éloigner de temps en temps - Bruce, je n’ai pas terminé !”
Bruce referme la bouche avec un air brièvement contrit et s’appuie contre l’évier.
“Je disais donc : si quelque chose se passe vraiment très mal, c’est possible que je mette les bout, au moins pour un temps et dans ce cas là, tu dois me laisser faire.
- Dick...
- Tu dois me laisser faire, parce que je reviendrais forcément. J’ai...Les dernières années ont été difficile, mais je crois que d’une certaine façon je suis plus stable, plus ancré. Et je sais ce que j’ai à perdre.” Il soupire, hésite, mais l'honnêteté est de mise. C’est ce qu’il voulait et s’il demande à Bruce d’être franc, il se doit de rendre la pareil. “Tu sais, ça me terrifiait à une époque, l’idée que quoi que je fasse je ne pourrais jamais vraiment partir, pas seulement loin de toi, mais loin de la Mission, l’idée qu’il y a quelque chose qui me lie irrémédiablement à Gotham, et que quoi que je fasse, quoi que je veuille rien ne puisse le changer...”
Il y a quelque chose de saisit dans l’expression de Bruce, comme s’il venait de découvrir quelque chose qui était là tout ce temps. De saisit, et de presque douloureux.


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