jainas: (Default)
[personal profile] jainas
Piqué sans vergogne à [Bad username or unknown identity: shakeskp  : ]
Ask me about a pairing I have written (or haven't and you think I should write) and I will give you five facts about them or a ficlet or a song that is CLEARLY THEIR SONG or what they order from the Chinese place down the street, etc etc

Dans la langue de Molière ça donne : Donnez-moi un couple que j'ai déjà écrit (ou pas, mais vous pensez que je devrais) et je vous dirai cinq choses à leur propos ou écrirai une ficlette ou citerai une chanson QUI EST DE TOUTE EVIDENCE LA LEUR ou ce qu'ils commandent au chinois d'en bas etc. ...

EDIT : et si vous n'aimez pas les pairings vous pouvez aussi demander pour des personnages qui sont justes amis, ou dans la même famille... ça marche aussi. :)

(tous les fandoms que vous voulez, si je connais pas je ferai signe :p)

Date: 2009-09-17 12:24 pm (UTC)
From: [identity profile] mokoshna.livejournal.com
C'est vrai qu'il est sympa ce meme !
Hum... Bruce/Dick (je ne sais plus si tu en as écrit mais tu es fan, indubitablement).

Date: 2009-09-17 04:04 pm (UTC)
From: [identity profile] flo-nelja.livejournal.com
Rodrigo/Ammar/Jehane. :-)

Date: 2009-09-17 05:46 pm (UTC)
From: [identity profile] berylia.livejournal.com
Zut, je voulais justement demander ce qu'ils commandaient au chinois ! ^^

Date: 2009-09-17 05:52 pm (UTC)

Date: 2009-09-17 06:41 pm (UTC)
From: [identity profile] jainas.livejournal.com
Je ne vois pas du tout ce qui peut te faire dire ça...

(A l'aide ! J'ai encore fait de l'angt ! Je voulais pas, je jure... D: )


1. Dick est parfaitement conscient que le fait que non seulement Bruce soit son père adoptif, mais aussi -et surtout- qu'il l'ai vu grandir depuis qu'il a douze ans, rend la situation problématique. "Problématique" est un mot adapté, parce que sinon il aurait le choix entre "carrément tordu" et " sérieusement incestueux", et ni l'un ni l'autre ne l'enthousiasme plus que ça.

"Tordu" passe encore. Personne ne peut dédier sa vie à faire ce qu'ils font et espérer pouvoir être qualifié de "normal". La normalité c'est surfait, et on l'a traité de mille fois pire que de tordu au fil des années. Rien à foutre.
"Incestueux", d'un autre côté, est nettement plus embêtant. Non seulement d'un point de vue purement social -ni Bruce Wayne ni la JLA n'ont besoin de la mauvaise publicité accompagnant ce genre de relation avec un fils adoptif ou un ancien sidekick (et c'est sans même mentionner l'aspect fort peu hétérosexuel de l'affaire…), mais surtout parce que c'est ce que Bruce penserait. En ce qui concerne Dick ce n'est pas un problème, dans son esprit il n'a jamais autorisé Bruce à remplacer ses parents. Il est un mentor, oui, un sensei implacable, un maître-étalon à l'aune duquel il se trouve toujours déficient, mais pas un père.

Malheureusement, il semble bien être le seul à penser comme ça.

2. Parfois il se demande si Bruce réalise l'ampleur de l'emprise qu'il a sur lui.
Souvent il est certain que oui, c'est tellement évident et tout le monde le sait après tout, du moins tous ceux qui importent. Bruce ne peut pas ne pas soupçonner. D'autres fois il est contraint de conclure que non, il n'en a finalement pas la moindre idée et qu'il pense réellement que Dick agit uniquement par conviction, pour la Mission.
Pour quelqu'un qui est censé être le meilleur détective du monde, Bruce peut avoir de singulières œillères.

Mais il faut dire aussi que Dick fait de son mieux pour éradiquer cette faiblesse particulière. Ou du moins la dissimuler, parce qu'elle est trop ancienne, trop profondément ancrée pour être simplement déracinée.

Date: 2009-09-19 11:24 am (UTC)
From: (Anonymous)
Oki, moi je demande un Kirk / Spock ^^(en tant qu'amis, amants, tout ce que tu veux...)

Hasina

Date: 2009-09-20 01:03 pm (UTC)
From: [identity profile] jainas.livejournal.com
C'est le tout début du printemps et la Compagnie de Rodrigo s'est arrêtée quelques jours dans un village au sud de Ragosa, le temps de reposer les chevaux, referrer ceux qui ont déchaussé...
Les dattes sont les premières de la saison, encore un peu dures mais déjà poisseuses et sucrées, délicieuses, et Jehane, assise sur une pierre devant sa tente un peu à l'écart du campement, est en train de se lécher les doigts comme une gamine quand arrive Ammar, suivi de loin par Rodrigo.
Il la salue quand son regard s'arrête sur les fruits déposés devant elle sur un lit de feuilles de palme. Son sourire est immédiat et avant qu'il n'ait le temps de trouver quelque mot bien tourné pour la taquiner, elle étend la main avec toute la noblesse qu'elle peut rassembler.
"Ammar, vous prendrez bien une datte ?"
Il hésite à peine et, avec un nouveau sourire, il s'assied à ses côtés, enlève ses gants pour pouvoir se servir. Il prend un fruit de deux doigts de la main droite, à la manière des servants d'Achar et mime une expression de délice outrageuse en mordant dans la chaire brune de la datte tandis que le Capitaine s'arrête à son tour à ses côtés.

"Jehane", déclare Rodrigo," vous êtes une femme précieuse et si vous n'étiez déjà le médecin de ma Compagnie, je m'assurerais de vous recruter. Où diable avez-vous trouvé des dattes si tôt ?
- Je les ai eus au marché en échange d'une consultation." Elle surprend son regard et ajoute avec une pointe d'humour : "Asseyez vous donc, Ser Rodrigo, et servez vous. Il y en a plus que le Seigneur Ibn Khairan et moi-même ne pourrons en manger...
- Certainement pas ! " proteste Ammar en faisant mine de se resservir. "Il n'y a jamais trop de dattes. Vous avez de la chance que Jehane soit si généreuse Ser Rodrigo, à sa place je n'aurais pas fais preuve de tant de largesse."
Son mouvement est interrompu quand Jehane lui lance un noyau qui rebondit sur sa main.
"Un peu de retenue Ibn Khairan. Ces dattes là sont la part de Vélaz. Et si vous les aimez tant, peut-être aurais-je dû en demander un plus grand prix…
- C'est une chance pour nous que vous soyez si généreuse dans ce cas," rit Rodrigo qui s'est assis à leurs côtés sur l'herbe en toute simplicité. "Parce qu'avec un tel butin, vous pourriez nous demander absolument n'importe quoi et l'obtenir.
- Ou presque en ce qui vous concerne, Rodrigo, personne n'ignore votre serment à votre femme. Mais moi, ô belle Jehane, je ne suis point retenu par de telles promesses de fidélité. Tout ce que vous demanderez en échange de ces fruits est vôtre.
- Que d'empressement," murmure Jehane. "Mais si c'est là la seule monnaie d'échange que vous proposez Seigneur Ibn Khairan, je crois que je préfère encore vous les donner."
Et alors qu'Ammar a un instant l'air déconfit et que Rodrigo éclate de rire, elle mord dans une datte.

Date: 2009-09-20 05:54 pm (UTC)
From: [identity profile] flo-nelja.livejournal.com
Merci beaucoup ! :-) :-)

Date: 2009-09-20 06:12 pm (UTC)
From: [identity profile] jainas.livejournal.com
3. Certains soirs, quand il couche exceptionnellement au manoir ou qu'ils se rejoignent pour une patrouille impromptue, il peut sentir les yeux de Bruce sur lui.
Il serait un bien piètre héros, si après toutes ces années il ne savait réaliser quand on l'observe, mais Bruce ne se dissimule même pas vraiment, pas plus qu'il ne prend la peine de nier ou d'avoir l'air désolé quand de temps à autre une vague de rébellion futile ramène Dick à la Cave avec un sac plein des diverses caméras originalement implantées dans son appartement. (Il laisse celles d'Oracle. Il n'est pas stupide, les caméras ont une utilité. Simplement il préfèrerait que ce ne soient pas celles de Bruce. Et de préférence pas dans sa chambre non plus. Il y a des limites. (Il est certain qu'il n'y a pas de caméras dans la chambre de Tim, et pas seulement parce que Tim habite encore au manoir.) )
Cela signifie certainement quelque chose, comme tout ce que fait Bruce. Mais cela ne signifie pas que ce dernier soit disposé à admettre l'existence du quelque chose en question. À vrai dire ce n'est même pas suffisant pour en présumer la nature. Dick prend probablement ses désirs pour des réalités et les regards comme les caméras ne sont sans doute qu'un mélange de la paranoïa naturelle de Bruce et de sa manière émotionnellement retardée de montrer que Dick est important pour lui, qu'il s'inquiète.

Parfois, il est tenté de ramener un mec à l'appart (ce qu'il ne fait normalement jamais, quel que soit le sexe du partenaire il est plutôt "chez toi" que "chez moi"), de ne même pas aller jusqu'à la chambre, histoire de mettre quelques indiscutables points sur les i. Mais ce serait immature de sa part, et de toute manière Bruce sait probablement déjà.
Ça ne l'empêche pas de jouer avec l'idée, à chaque fois qu'il sent le regard de Bruce sur lui, ou qu'il lève le regard de sa télé et fixe l'oeil invisible et muet d'une caméra.

Date: 2009-09-20 06:15 pm (UTC)
From: [identity profile] jainas.livejournal.com
Ils ne commandent rien au chinois... Mais par contre ils mangent parfois des dattes. (j'ai posté le texte de réponse. :) )

Date: 2009-09-20 10:07 pm (UTC)
From: [identity profile] arakasi28.livejournal.com
C'est tout Ă  fait eux... :-)
Et c'est pas pour râler, mais tu me dois toujours un OS (Hé c'est quand même toi qui les avais demandés ces prompts! ^ ^)

Date: 2009-09-20 10:53 pm (UTC)
From: [identity profile] jainas.livejournal.com
Je sais ! Je n'oublie pas. C'est juste que je manque de temps.

(Si tu dis que c'est tout à fait eux je suis rassurée, je n'étais pas très convaincue...)

Date: 2009-09-21 06:39 am (UTC)
From: [identity profile] berylia.livejournal.com
Cela fait horriblement mal. Comment est-ce que quelque chose d'aussi simple que l'amour peut devenir aussi compliqué et douloureux...
J'adore !

Date: 2009-09-21 06:42 am (UTC)
From: [identity profile] berylia.livejournal.com
Pauvre Ammar, ses talents d'étalons ne valent pas des dattes... lol !

Date: 2009-10-05 06:11 am (UTC)
From: [identity profile] jainas.livejournal.com
Cinq faits sans importance Ă  propos de Jim et Spock

1. C'est certes un pré requis pour le métier qu'ils exercent, mais le Capitaine Kirk semble mettre un point d'honneur particulier à aller audacieusement là où nul n'est jamais allé : les étoiles lointaines, bien entendu, les planètes inexplorées. Mais aussi dans le lit de princesses ou prêtresses ou diplomates extraterrestres (ou non), ainsi que dans deux cas, dans celui de créatures d’apparence avenante mais de sexe indéterminé.

Le fait que dans 34,8% des cas les princesses ou prêtresses ou diplomates ou créatures de sexe indéterminé en question se révèlent enclines à la trahison et plus généralement à la prise d'otage, au meurtre, à l'empoisonnement ou au détournement de vaisseau devrait être un frein à l'élan audacieux du Capitaine vers le déduit.
Ce n'est pourtant pas le cas, ce qui est fort illogique.
 
Spock réprouve.

2. Avoir Spock comme second est un peu comme essayer d'apprivoiser un chat sauvage. Un chat qui serait trois fois plus intelligent que lui, qui considèrerait la violence envers les souris irrationnelle, qui pourrait le plier en deux d'une seule main s'il le désirait et qui, pour une espèce sensément pacifique, possèderait un sens de la répartie particulièrement vicieux.

Jim s'est rarement autant amusé.

3. Malgré la première -voir la seconde- impression qu'il peut laisser, le capitaine est loin d'être stupide. Il a obtenu des scores tout à fait impressionnants à l'Académie en ne s'impliquant que modérément et c'est un stratège tout à fait remarquable -bien que fort peu conventionnel. Lorsqu'un plan sortit de nul part et (pour citer le lieutenant Sulu) « tellement taré qu'il a une chance de fonctionner » leur sauve la mise, Spock se dit parfois que Sun Zhu et des générations de génies militaires doivent se retourner dans leur tombe.
La première fois que le capitaine bat le bat aux échecs 3D, il ressent une étrange satisfaction.

4. Quand Spock désapprouve une décision prise par Jim contre son avis, ou qu'ils viennent tout juste de survivre à une situation qui aurait pu être évitée ce dernier eut-il « fait preuve d'un peu plus de discernement », Spock se retire dans les silence glacial et réprobateur de la logique bafouée.
Plus que tout le reste cela donne à Jim l'impression d'avoir échoué, de redevenir un putain de gamin qui a déçu sa mère. 
Étant donné qu'il a cessé de se soucier de ce que quiconque attendait de lui à partir de l'âge de douze ans, c'est profondément perturbant et tout aussi désagréable.

Il essaie au maximum de ne pas décevoir Spock.

5. Jim Kirk est jeune, de même que la très grande majorité de l'équipage, et l'un comme l'autre sont parfois cruellement inexpérimentés. Spock lui-même n'a servit que deux ans avant d'être nommé officier en Second de l'Enterprise. Tout l'entraînement et le talent et le charisme naturel du monde ne suffisent parfois pas. 
Le Capitaine compense ce manque par une absorption méthodique et délibéré de tout ce qu'il y a à savoir sur son vaisseau, de l'emplacement de chaque tube Jefferries au moindre rouage en passant par le rôle exact du moindre membre d'équipage. Il passe des heures et des heures de repos en compagnie des équipes de maintenance dans les entrailles de l'Enterprise. Il apprend les procédures officielles tarabiscotées mais néanmoins indispensables, les manières de faire les choses qui ne sont inscrites dans aucun manuel, la gestion de la paperasserie dont il faut connaître les rouages si l'on veut obtenir le moindre écrou.
Parfois Spock est son professeur, mais parfois tout l'entraînement, le talent, le charisme naturel et même l'expérience du monde ne suffisent pas et alors ils sont tous deux des élèves, ensembles.

Date: 2009-10-05 09:38 pm (UTC)
From: [identity profile] hitto-sama.livejournal.com
Tiens, j'avais zappé ce post. Bon et bien vengeance \o/ House/Wilson \o/

Le Diagnostique

Date: 2009-10-07 07:49 am (UTC)
From: [identity profile] jainas.livejournal.com
C'était ma première fic House et il se peut que je me soit légèrement laissé emporter. Félicitation, tu as gagné un one-shot. ^^

Le Diagnostique

Un matin, une illumination soudaine tire James du lit.
Il titube jusqu'à la salle de bain de sa chambre d'hôtel et met la tête sous l'eau, mais quand il se regarde finalement dans la glace, visage dégoulinant et cheveux ayant l'air d'avoir échappé à un typhon, la révélation qui cogne aux murs de son esprit est toujours là et n'a pas perdu en vraisemblance.
Il est dans la merde.

Il est trop tard pour se recoucher aussi s'habille-t-il au radar (et enfile une chaussettes rouge avec une verte) avant de s'en aller affronter les embouteillages matinaux qui le séparent de l'hôpital. Le temps qu'il soit dans l'entrée de Princeton-Plainsboro avec un gobelet du café le plus noir qu'il ait pu trouver à la main, il a suffisamment retrouvé son calme pour saluer l'infirmière en chef avec un compliment presque parfaitement honnête sur sa nouvelle coupe de cheveux.
Cela fait, il va s'enfermer dans son bureau où il trie des dossiers, reçoit des patients et rédige des emails d'avis médicaux jusqu'à midi.
À midi, parce que la meilleure manière de mettre Greg en chasse serait de tenter de l'éviter, il fait comme tous les autres jours et se dirige tranquillement vers la cafette. Clopin-clopant House l'intercepte en chemin, s'arrange pour lui faire payer sa nourriture, puis vole dans son assiette pendant qu'ils mangent. La conversation roule du cuistot de ladite cafette qui mériterait des étoiles négatives au nouveau patient de Greg, qui présente un arc-en-ciel de symptômes tous plus bizarres les uns que les autres, en passant par sa nouvelle expérience sociologique sur son équipe (à laquelle James contribue par quelques suggestions particulièrement retorses qui les font ricaner pendant cinq minutes dans leurs tiramisus et fondants au chocolat respectifs.) Puis Greg retourne tourmenter ses sous-fifres et James s'achemine vers un rendez-vous épique avec Cuddy pour tenter d'obtenir deux lits de plus pour la section enfant du département d'oncologie.

Le problème, songe-t-il tandis que Lisa tente de le convaincre qu'elle n'a pas le budget pour ouvrir deux places supplémentaires (alors qu'ils savent tous deux que c'est faux mais qu'elle ne peut pas donner l'impression de céder trop facilement), c'est que non seulement tous les symptômes pointent dans la même direction, mais ils sont aussi suffisamment nombreux et consistants pour faire oublier définitivement tout espoir de bénignité.
Le problème, songe-t-il après avoir quitté le bureau directorial, (le débat est ajourné, mais il sait qu'il devrait avoir ses lits d'ici deux mois, trois au pire) c'est que Greg n'a jamais rien dit, alors que sa tendance paranoïaque à voir des symptômes dans chaque haussement de sourcils devrait avoir fait de lui le premier au courant.
Cela laisse trois solutions possibles : House sait et il a choisi de se taire (tout à fait possible), il ne sait pas (irréaliste), ou, (fort possible également) la révélation fulgurante de James est infondée et d'une manière ou d'une autre il a mal interprété les symptômes.
Pourtant, plus il y pense, plus il est convaincu de ne pas se tromper, son intuition est fondée, il le sait.

Re: Le Diagnostique

Date: 2009-10-07 07:56 am (UTC)
From: [identity profile] jainas.livejournal.com

Après une journée supplémentaire de ruminations silencieuses (Greg commence à lui jeter des regards suspicieux malgré son application à agir normalement), il décide que ce qui lui faut est un diagnostique différentiel. Il sait ce que d'être séduit par l'intuition d'un diagnostique qui semble tout expliquer parfaitement, au point d'en avoir du mal à envisager les autres possibilités. Il lui faut du recul.

Il exfiltre une feuille de paper-board et un marqueur jusqu'à son hôtel (manquerait plus que Greg tombe dessus) et scotch le tableau au dos de sa porte. Il trace deux colonnes, une intitulée 'POUR', l'autre 'CONTRE' et se met en devoir de les remplir.
Quand il a fini, la colonne POUR déborde de symptômes du genre "sujet A : trois mariages = trois divorces", "lieu de résidence du sujet A délibérément plus proche de celui du sujet B que de son lieu de travail", "personne d'autre ne supporte aussi longtemps le sujet B", ou encore "sujet A à une brosse à dents, un caleçon et une cravate de rechanges à demeure chez le sujet B" (c'est pratique pour les lendemains de cuite…), voir même "sujet B désapprouve systématiquement toutes les liaisons sentimentales du sujet A" et ainsi de suite.
De l'autre côté, la colonne CONTRE est presque vide, mais les deux arguments qu'elle contient sont de poids : "sujet B a priori totalement hétérosexuel", et "sujet A exclusivement hétéro".
James passe pensivement contre la barbe naissante de son menton puis s'assoie sur le rebord du lit parfaitement fait et se plonge dans la contemplation songeuse du tableau différentiel en face de lui. Au bout d'une heure d'immobilité totale et d'intense délibération, il se lève et échange son costume contre un jean et un vieux T-shirt noir un peu trop serré avant de sortir.

Quand il rentre quatre heures plus tard, le dos du T-shirt est trempé de sueur, ses cheveux sont ébouriffés et il reste un instant appuyé au mur, les yeux fermés, avant de barrer le "exclusivement" de "sujet A exclusivement hétéro" pour le remplacer par "majoritairement" et d'aller prendre une douche.

---

Le tableau reste intouché une semaine de plus, jusqu'au soir où en rentrant James se rend compte que : a) la clé de sa chambre d'hôtel n'est plus sur son trousseau, b) la porte de ladite chambre est ouverte.
Greg est assis sur le couvre-lit, face à la porte. Sa canne est appuyée contre le matelas, la clé manquante de James est posée à côté de sa cuisse et il joue négligemment avec le marqueur du tableau, le fait danser d'un doigt à l'autre avec une nonchalance calculée.
"Ne soit pas timide ! Entre, fait comme chez toi !" s'exclame-t-il lorsque James reste figé dans l'encadrement de la porte avec une expression qui hésite entre la colère et l'ahurissement.
À ses paroles James se remet en mouvement, ferme la porte en le foudroyant du regard. Avant qu'il n'ait eu le temps de porter la moindre accusation Greg lui adresse un regard réprobateur.
" La prochaine fois que tu as quelque chose à cacher et que tu ne veux pas qu'on passe chez toi alors que c'est le plus près en sortant du bar, tu ferais bien de trouver autre chose comme argument que "j'ai pas rangé" ", fait-il remarquer avec un air de suffisance d'autant plus insupportable qu'il a parfaitement raison et qu'il aurait du savoir que ce genre d'excuse peu crédible équivaut pour Gregory House à une invitation en bonne et due forme à mettre son nez dans ce qui ne le regarde pas (et aussi qu'il n'aurait pas dû prendre pour argent comptant le fait qu'il ait fait mine d'avaler ladite excuse sans ciller, même si, pour sa défense il avait un peu trop d'alcool dans le sang pour penser à tous les détails).

Re: Le Diagnostique

Date: 2009-10-07 07:58 am (UTC)
From: [identity profile] jainas.livejournal.com
C'est seulement à ce moment qu'il réalise que le paper-board du diagnostique différentiel est sur la porte derrière lui et que Greg ne peut pas ne pas l'avoir vu.
Il pivote sur lui-mĂŞme.
Le tableau est toujours là avec ses deux colonnes et une main autre que la sienne -Greg- a soigneusement raturé "sujet B a priori totalement hétérosexuel" et ajouté en petites lettres tassées en bas de la colonne POUR (il ne reste pas beaucoup de place) "sujet B potentiellement bisexuel".

Son regard va du tableau Ă  Greg, au tableau puis de nouveau Ă  Greg.
"Vraiment ?" s'entent-il demander.
Ce dernier hausse un sourcil sarcastique et parvient Ă  avoir l'air totalement satisfait de lui-mĂŞme et Ă  la fois imperceptiblement anxieux.
"Vraiment.
- Oh, c'est juste qu'on se connaît depuis plus de quinze ans et que tu n'as jamais laissé une seule fois sous-entendre que tu étais autre chose que totalement hétéro Greg, pardonne-moi d'être surpris.
- J'aurais pourtant cru que le manque de compagnie féminine durable et le fait que nous soyons toujours fourrés ensemble pouvait laisser penser le contraire," raille Gregory. "Et tu n'as jamais laissé entendre que tu étais autre chose qu'exclusivement hétéro toi-même, mon cher James. Bien qu'évidemment trois mariages échoués d'affilée et ce goût tout à fait déplorable pour les chemises roses puissent être considérés comme des indices… Mais là n'est pas le sujet. Quel est ton diagnostique Dr Wilson, maintenant que tu as tous les symptômes en main ?"
James jette un nouveau coup d'oeil au tableau puis fixe Greg avec méfiance, s'attendant à moitié à un changement total d'attitude et un retour au comportement odieux qui est son mode de fonctionnement par défaut. Mais il ne rencontre que les yeux bleus innocemment écarquillés et les épaules contractées qui indiquent que contrairement aux apparences, le diagnosticien est sur ses gardes. Comme ça ils sont deux.
Très bien. Il va jouer le jeu jusqu'au bout.
"Hé bien, cher Dr House, même le facteur sexuel mis à part, le diagnostique me semble évident : si les symptômes ne mentent pas, nous pourrions tout aussi bien être ensembles."
Greg renifle et avale un cachet de Vicodin avant de remettre le flacon orange dans la poche de son jean.
"Les symptĂ´mes ne mentent jamais. Ce sont les gens qui mentent. Tu devrais le savoir depuis le temps."

James essuie ses mains soudainement pleines de sueur sur son pantalon. Il voit ce qu'offre Greg, et aussi ce qu'il ne dit pas.
"Bien sûr que je sais quand tu mens. Pourquoi n'en as-tu jamais parlé ?"
Greg hésite et là, oui, une ouverture.
"Tu es le seul à me supporter. Je n'étais pas sûr.
- Et maintenant tu l'es ?
Le sourire suffisant est de retour.
- C'est toi qui a fait le diagnostique, Ă  toi de me le dire.
- Oh non Greg, tu ne m'auras pas. Si tu veux quelque chose, dis le. C'est toi l'expert diagnosticien de renom après tout, je ne suis qu'un humble oncologue. Fais- moi donc part de tes lumières, Dr House.
La voix de Greg est détachée, empreinte d'une inflexion froide et cynique tandis qu'il récite.
- Le diagnostique est bon. Il est possible que le sujet B se sente en position de danger émotionnel et qu'il tente d'assurer sa maîtrise de la situation en mettant le sujet A en position de demandeur, et non le contraire. Voilà, content ?"
James secoue la tête et pour la millième fois depuis qu'il s'est réveillé avec cette révélation stupide, il murmure :
- Je dois ĂŞtre masochiste.
- Ou sadique. Après tout c'est toi le vampire émotionnel de cette relation, celui qui a désespérément besoin qu'on ait besoin de lui, fait remarquer Greg d'un ton acide.
- Je dois être masochiste, répète-t-il. Mais qui suis-je pour faire mentir le diagnostique ?"
Et il se penche pour embrasser Gregory House.

Date: 2009-10-18 05:14 pm (UTC)
From: [identity profile] jainas.livejournal.com
4. Quoi qu'il fasse, où qu'il aille, il est dans l'ombre que Bruce projette sans même le réaliser.
Il a fini par se résoudre au fait que même si la distance aide, a été un temps nécessaire, partir est au final toujours inutile. La seule chose qu'il puisse vraiment faire - la seule chose à faire - c'est, aussi cliché que cela puisse paraitre- lutter pour être lui-même, trouver sa propre voie, faire ses preuve afin que peut-être aux yeux de Bruce le jeune homme soit remplacé par l'adulte, le sidekick par un égal digne de son approbation, de son intérêt.

C'est ce qu'il a fait pendant longtemps, sans vraiment réaliser qu'une part de lui espérait toujours que Bruce changerait un jour d'avis par magie, que soudain les écailles tomberaient de ses yeux et qu'il réaliserait tout ce que Dick est, tout ce qu'ils pourraient être ensembles.
Mais cela aussi c'est une illusion d'enfant. Il n'est pas la princesse attendant que le preux chevalier noir pose le regard sur elle et tombe éperdument amoureux. Ce n'est pas ce qu'il est, ce n'est pas ce qu'il veut être. Il n'y a rien d'autre à attendre de Bruce que ce qu'il donne déjà.

5. Jamais est un bien grand mot, mais en l’occurrence il est adapté : Dick n’a nullement l’intention de confronter Bruce.
Quoi qu’il y ait entre eux, les regards, le désir peut-être, la loyauté indéfectible, ce n’est rien face au reste, à la chauve-souris dans la tête de Bruce. L'équilibre est trop instable, il y a plus en jeu qu'eux deux et Dick n'est pas assez stupide pour croire qu'il peut changer Bruce, qu'il peut combler certaines de ses fissures. Il n'est pas assez stupide pour penser qu'il passerait avant la Mission.

Commencer cette conversation là ne serait que s’exposer à un rejet qu’en vérité il n’est pas sûr de pouvoir supporter. Alors il ne dit rien, il répond quand Batman appelle, il se bat à ses côtés, il tient le rôle du fils obéissant, il essaie d’être à la hauteur de ce que Bruce demande et non de ce qu’il veut.
Ça ne l’empêche pas de désirer.



---

(Mince, je voulais vraiment pas faire de l'UST/angst jusqu'au bout XD... Je crois que je vais devoir écrire une suite happy-ending pour me racheter à mes propres yeux...^^)

Date: 2009-10-18 10:55 pm (UTC)
shakeskp: (dcu - tim/kon - comfort)
From: [personal profile] shakeskp
Tim/Kon ! :D

Des problèmes potentiels de l'ornithologie

Date: 2009-10-21 01:02 pm (UTC)
From: [identity profile] jainas.livejournal.com

Ils sont humains, simplement humains, il le sait ! Mais ça n'en rend pas moins les Bats dix fois plus terrifiant que n'importe quel méchant.
C'est cette manière qu’a Batman de rôder dans les ombres même quand il n'y a pas d'ombres et de surgir brusquement derrière vous, c'est la Voix... Même Nightwing qui est sinon plutôt cool peut être vraiment flippant quand il s'y met. Et c'est sans parler d’Oracle ou pire, de Batgirl, qui est totalement capable de tuer un type juste avec son petit doigt.
Kon est dans la merde. Mais qu’est-ce qui lui a pris de vouloir sortir avec Robin ?

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Devenir plus que coéquipiers plairait bien à Conner.
Sous ses dehors de parfait petit rouge-gorge aussi génial que létal avec un balai dans le cul, Tim a un sens de l’humour pince-sans rire et occasionnellement vicieux, un – rare – sourire à chavirer les cœurs. Même sa tendance à la paranoïa (certes généralement justifiée), la cape de secrets et de retenue qu’il drape autour de lui et le fait que Batman soit son mentor ne parviennent pas à le détourner de l’idée.
Cela dit la perspective de la torture à la Kryptonite et/ou de la réaction de Tim y parviennent avec une efficacité remarquable.

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« Quand je pense que je t'ai éduqué...
- Tu ne m'a pas vraiment éduqué Dick.
- Oui mais quand même, j'ai une responsabilité morale. C'est sûrement de ma faute si mon petit Robin se met à fantasmer sur un Supes !"
Tim lui jette un regard indéchiffrable qui signifie qu'il n'est pas totalement certain que Dick plaisante et ce dernier tente de lui ébouriffer les cheveux en guise de diversion.
« Tu sais Tim, il va falloir que Conner et moi ayons une petite discussion en privé.
- Quoi ? Dick, je t’interdis d’essayer de terroriser mon potentiel futur petit copain ! »



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TBC (maybe)
(Tim je crois que je maitrise, mais en fait Kon je ne le connais quasiment que via des fanfics... Bon en attendant voilà déjà ça (j'ai lâchement profité de l'arbre à drabble) )
shakeskp: (DCU - Batman/Sups - flying)
From: [personal profile] shakeskp
comment ça, "maybe" ? :p


- Oui mais quand même, j'ai une responsabilité morale. C'est sûrement de ma faute si mon petit Robin se met à fantasmer sur un Supes !"
Tim lui jette un regard indéchiffrable qui signifie qu'il n'est pas totalement certain que Dick plaisante et ce dernier tente de lui ébouriffer les cheveux en guise de diversion.


XDDDDDDDDDDDDDDDDDD

Merciiiii ! en espérant que tu continues :D

(et je crois que vraiment, pour Kon, y'a qu'une chose Ă  savoir : "Best Boyfriend Ever" ;p)
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Famine/Pollution, tu crois que c'est possible? ça se voit que je relis Good omens?
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*blink blink*
Possible ? Probablement. Faisable par moi ? Ca reste Ă  voir. ^^
Je vais y réfléchir.

Mais en attendant leur chanson pourrait ĂŞtre http://www.deezer.com/listen-2279595 ... Ou du moins totalement celle de Pollution, je ne sais pas trop ce qu'en penserait Famine.
From: [identity profile] jainas.livejournal.com
Ce n'est probablement pas ce a quoi tu t'attendais et je suis presque mal à l'aise de l'avoir écrit... mais voilà. :)

---

La décharge est à ciel ouvert, immense, s'étendant à perte de vue comme une parodie obscène de montagne avec ses contreforts, ses rifts et ses vallées. Un jus noir et puant suinte, imbibe ce qui ne peut décemment pas être qualifié de terre. Mouettes et charognards criaillent et se battent dans l'air vibrant au-dessus du monceau vertigineux d'immondices qui dégorge en toutes directions ses carcasses d'ordures mutilées et ses rats de fange, minces silhouettes d'enfants à demi nus au ventre gonflé qui fouillent les détritus à la recherche de fragments récupérables.

Famine se tient avec Pollution, près d'un repli de terrain formé de strates de restes enchevêtrés de voitures et veiné de sacs poubelle noirs éventrés qui vomissent leur contenu fétide et purulant. Il observe avec désintérêt une jeune fille noire famélique répondre aux avances d'un garçon. L'un comme l'autre sont squelettiques et dégoutants, mais cela se semble pourtant pas les arrêter.
L'oeil chassieux et le cheveu gras, Pollution est quand à lui concentré sur un baril rendu rouge par la rouille et dont le revêtement fini de peler en plaques lépreuses. Il exsude un liquide nauséabond qui glougloute et mousse au contact de l'air, non loin du couple d'humains enlacés. Pollution fini par se détourner de l'objet de sa contemplation et adresse un demi-sourire de connivence à son compagnon. Il tend sa main humide, comme pour pour la poser sur l'épaule de Sable, mais ce dernier intercepte le geste avant qu'il ne puisse toucher la veste impeccable.
Le poignet est maigre et osseux, suffisamment pour que Famine puisse l'enserrer du pouce et de l'index joint. Avec précaution il fait pivoter la main vers le haut, suit de deux doigts les tendons saillants sur l'intérieur du poignet, lève celui-ci jusqu'à sa bouche.

Dans la fange mêlée de plastique, au coeur de la décharge, les humains décharnés s'accouplent.
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Ne sois pas mal à l'aise, c'est un texte très intéressant, aux descriptions dures et précises, très ciselé et mémorable!

Merci tout plein

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