jainas: (kara)
The Art of Asking est né du TED Talk éponyme fait par Amand Palmer en 2013 (que je recommande d’ailleurs beaucoup). Le livre mêle essai et autobiographie dans une réflexion de ce que signifie et implique l'acte de demander mais aussi celui de recevoir, et comment ils se connectent avec la création artistique, le besoin et la peur d’être vue pour ce que l’on est, la honte d’avoir à demander...
On explore également plus particulièrement comment Amanda Palmer applique cela - pas toujours sans douleur ou sans hésitation - à sa propre pratique artistique et ses rapports avec les fans, mais aussi plus largement dans le contexte du financement participatif, et - plus difficilement - comment elle a lutté pour apprendre à demander et accepter recevoir dans ses relations personnelles.

Quiconque a un peu suivi la carrière d'Amanda Palmer (ou son compte twitter ne serait-ce qu’une semaine) est familier avec le niveau d'échange et de confiance qu'elle a établi avec sa fanbase et la manière dont cette dernière lui rend cette confiance au centuple.
Il ne faut donc pas être surpris par la franchise et la candeur brutale, parfois douloureuse avec laquelle la partie autobiographique du livre expose à vif ses hésitations et ses faiblesses, les détails parfois terriblement intimes de sa vie et de sa carrière, qu’il s'agisse de l’aspect monétaire ou de l’aspect humain.
Elle discute son expérience d’artiste de rue en tant que statue humaine et la manière dont cela à influencé son comportement quand elle est devenue musicienne puis rock-star, sa relation avec son meilleur ami puis la maladie de ce dernier, les deuils et drames plus ou moins proches, ses rapports avec sa famille et ses amis, avec d’autres artistes et créateurs de tous poil, son ex-label, ses fans, les controverses et attaques qui ont parfois écornées sa carrière, le syndrome de l’imposteur que rencontrent de nombreux artistes elle compris, la manière (extrêmement rare pour un artiste) dont elle utilise les réseaux sociaux et conçoit les flux d’échanges avec sa communauté, le financement participatif, les raisons qui font que certains projets marchent et d’autres non…
De manière très importante aussi, elle dévoile beaucoup de sa relation puis de son mariage avec Neil Gaiman et des dessous de leur vie de couple, les angoisses nées de la différence d'âge, de la différence de revenu, les hésitations et les crises de panique, l'intimité grandissante qui réveille toutes ses difficultés à s’engager émotionnellement et à accepter certaines formes d’aides qui mettraient à mal son indépendance et l’image qu’elle à d’elle-même...

C’est un livre très riche, qui se lit très facilement. Le style d’écriture est loin d’être littéraire, mais il n’en est pas moins très efficace, l’écriture d’Amanda invite à l'empathie et fait pénétrer le lecteur dans son univers. Que l’on connaisse Amanda Palmer et son œuvre ou non en l’ouvrant, on l’achève en ayant l’impression de connaître - de voir réellement - Amanda, Anthony, Neil…
Et au delà de cet aspect, le livre développe avec force de nombreux thèmes finalement très universels, à différents niveaux, et je pense que c’est une lecture où chacun peut trouver quelque chose qui lui parle, peut-être touché et ému. Il donne à ruminer, à réfléchir sur ce que l’on attend des rapports humains, des questions que l’on est prêt à poser, des demandes que l’on est prêt à faire, la nature de l’aide que l’on est prêt à accepter - ou non -, et pourquoi.
Lecture 100% recommandée.

D'un point de vue plus personnel, la discussion où elle et Neil Gaiman échangent tour à tour ce qui leur fait le plus peur au monde m'a beaucoup touché. D’abord pour l'intimité incroyable qu'ils nous ouvrent, mais aussi parce qu ça m'a fait me questionner sur moi-même et mes propres relations. De quoi ai-je le plus peur ? Est-ce que je veux que quelqu'un le sache ? Est-ce que je veux que Ces' le sache ? Qu'est ce que ça changerait entre nous ? La question sous jacente à tout ça c'est "Est-ce que je peux te faire confiance ?", et elle n'est pas toujours facile à poser, même quand on connait déjà la réponse.

jainas: (Default)
- Je ne me souviens même pas du nom du film, mais je ne peux pas voir le trailer du nouveau film sur le magicien d'Oz ou les affiches dans le métro sans me dire que c'est manifestement de la propagande pour discréditer la sorcière de l'Ouest et qu'en fait c'est le magicien le méchant... La faute à Wicked. :D


- La sortie du film Les Misérables a vivifié le fandom, et même si je ne gardais qu'un souvenir lointain de ma lecture du livre de Hugo (affectueusement surnommé "la Brique" par les lecteurs), j'apprécie beaucoup de redécouvrir l'oeuvre par l'oeil des fans. (Et j'ai eu un gros coup de coeur pour les musiques de la comédie musicale, que je ne connaissais pas jusque là. VO ou VF, Do You Hear the People Sing ou A la volonté du peuple, mon coeur balance...)
Quelques recommendations sur le sujet :

- [personal profile] skygiants a relu Les Misérables pour que vous n'ayez pas à le faire et propose ses commentaires livre par livre. Très divertissant. :)

- Le fandom à bien entendu ses favoris, et [personal profile] lannamichaels à tiré de la Brique une sélection des passages les plus intéressants concernant Enjolras (et Grantaire), dans lesquels Hugo passe son temps à comparer Enjolras à une statut grecque ou à un ange vengeur et à rappeler à quel point il porte beau, tandis que Grantaire se meurt de scepticisme, d'amour à sens unique et d'ivresse à l'arrière-plan.
Inutile de rappeler que ça fini mal, mais les extraits sont très plaisant à lire, et ça donne une meilleure idée de ce que peu bien trouver le fandom dans ce pairing.


- Une nouvelle communauté sur Dreamwidth rassemble toutes les semaines les posts de meta multi-fandom. Je ne lis pas tout, mais c'est toujours intéressant de garder un oeil sur ce qui se dit : metanews.


- À chaque fois que je croise quelqu'un avec un tome du Trône de Fer dans le métro, je me met à fredonner le générique, c'est plus fort que moi. Et Autant vous dire que ça arrive souvent ces temps-çi.


- Chimanda Adichie: Le danger d'une histoire unique. Un TED Talk fascinant. (Mais ne le sont-ils pas tous ?)


- Le concours sur A Calendar of Tales de Neil Gaiman est terminé, et j'ai posté deux illustrations dont je suis correctement satisfaite, on verra bien ce que ça donnera.



J'ai d'autres trucs à raconter, notamment sur mes dernières lectures et l'excellent Cloud Atlas que j'ai été voir dès ça sortie (et que je recommande beaucoup), mais ça attendra un autre post.
jainas: (Default)
Tout d'abord, deux recommandations de conférences sur TED, parce que je sais que quand je vais sur le site je ne sais jamais quoi regarder tellement tout est potentiellement passionnant. (Les deux sont en anglais, mais je vous ai mis les sous-titre en français par défaut.)
Donc :

- Pour commencer, une conférence durant laquelle l'athlète, actrice et activiste Aimee Mullins parle de ses jambes artificielles. La conférence est extrêmement touchante, et traite d'un sujet que je côtoie beaucoup au niveau professionnel ces temps-ci, qui est l'inversion des préjugés, de la manière de voir (et de présenter) le handicap pour qu'il soit une force, et non plus une faiblesse débilitante. La manière dont elle raconte le basculement de vision, mais également son courage incroyable rendent cette conférence vraiment émouvante.



- La seconde conférence, intitulée The Filter Bublle (désolé, pas de vidéo intégrée, faut cliquer), est a voir absolument pour quiconque passe un minimum de temps sur internet et les réseaux sociaux. Elle traite de la manière dont l'informations à laquelle nous avons accès en ligne est biaisé par tous les algorithmes visant à la personnalisation, qui agissent comme des filtres entre l'information disponible, et celle qui nous est montrée. Même google vous donne plutôt les résultats qu'il pense que vous recherchez, plutôt que des résultats "neutres" !
Si vous ne savez pas ce que c'est que la "Filter Bubble", cette vidéo est pour vous, et le blog qui l'accompagne est plein d'articles très intéressants sur le sujet, c'est passionnant une fois qu'on se plonge dedans.


Et pour finir un coup de gueule contre l'auteur Orson Scott Card, dont j'ai par le passé beaucoup apprécié certains livres (Le Cycle Ender notamment, pour ne pas le nommer).
Je savais depuis un certain temps que les idées politiques de Mr Card n'étaient pas des plus avancées (et cela se sent parfois dans le cycle d'Alvin le Faiseur), mais le plaisir que je prenais à le lire et la qualité des livres étaient suffisants pour que je ne m'en soucie pas plus que cela.
Malheureusement j'ai découvert hier que dans un élan littéraire malvenu, OSC a commis en 2004 une réécriture du Hamlet de Shakespeare, intitulée Hamlet Father (ici pour la review en anglais très complète qui est ma source). Jusque là, rien de mal me direz vous, nous aimons les réécritures, c'est fun, c'est comme de la fanfiction mais en légitime et en plus les auteurs sont payés pour !
Certes, mais notre ami réécrit Hamlet et en fait un pamphlet anti-gay, dans lequel tout le mal vient du père d'Hamlet, qui était un vilain gay maléfique et pédophile (normal, puisqu'il est gay) et a molesté Horatio, Laertes, Rosencrantz et Guildenstern quand ils étaient petits, les rendant du coup gay à leur tour ! D'ailleurs, c'est Horatio qui a fini par le tuer. (Tadam, vous ne vous y attendiez pas, hein ?)
Inutile d'en dire plus, d'autres l'ont fait à ma place, mais vous comprendrez qu'Orson Scott Card ait d'un coup perdu environ 10 000 points de charisme/respect de ma part.
Et que je doute jamais rien relire de sa part. Dommage.

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